KOLKATA

Kolkata est une ville surpeuplée, polluée, bruyante, où vivent 16 millions d'âmes. Kolkata, ce sont des quartiers pauvres, éparpillés un peu partout en ville, où s'entassent des milliers de gens, qu'ils soient Hindous, Musulmans, Sikhs, Chrétiens ou Zoroastriens. Le centre de la ville est fait d'anciens édifices coloniaux, tombant en ruine ou mal entretenus, et recyclés en bâtiments administratifs ou en hôtels bon marché. Kolkata, c'est un brouhaha continu de moteurs, de klaxons et de bruits de toutes sortes qui éclate les oreilles. C'est une pollution des plus fortes qui finit par brûler les narines et la gorge. C'est aussi cette chaleur humide et assommante qui bouillonne dès les premiers rayons du soleil.


Kolkata, ce sont encore ces silhouettes que l'on retrouve partout, les rickshaw-wallahs, que l'on surnomme les «hommes-chevaux» et qui parcourent les rues en permanence, ces corbeaux qui planent au-dessus de la ville et qui, de leur air lugubre, envoûtent l'atmosphère de leurs croassements dès les premières heures du matin. Ce sont aussi ces fantômes qui errent dans les rues...ces hommes, ces femmes et ces enfants qui gisent sur les trottoirs en regardant dans le vide, poussiéreux et la mine barbouillée. Kolkata, c'est aussi l'hospitalité sans faille de ses habitants, la douceur, l'humour des Bengalis et cette force invincible qui les pousse à lutter contre ce qui pourrait être, autrement, considéré comme un irrévocable destin. C'est cette beauté humaine qui ressort encore plus en contraste avec le sombre de leurs conditions de vie, comme un jet de lumière aveuglante percerait à travers un ciel trop chargé de nuages.