EGYPTE

Des endroits restés comme inchangés depuis la nuit des temps, et semblant sortis droit des scènes de peintures tombales de la vallée des Nobles. C'est cette ligne vert foncé du Nil qui scinde l'horizon en ces déserts arides, qui permet la vie sur ses rives et que l'on aperçoit dès le survol du pays en avion. Ce sont ces vestiges de rochers qui s'érigent en gardiens du désert, ces maisons en torchis décorées de peintures traditionnelles de pèlerins vers la Mecque, ces fellahs avec leurs chameaux, chargés de canne à sucre, de moissons, de paille ou de poteries, ces marchés peuplés de gens bavards, de légumes, de chèvres et de poules abattues. On y rencontre des garçons pompant de l'eau avec ces moulins ancestraux et grinçants, ces hommes labourant la terre avec leur charrue tirée par des bœufs, entourés de majestueux palmiers, ou triant le grain dans des nuages de poussières. C'est aussi ce colosse majestueux, immuable et intemporel, qui fixe le coucher de soleil, impassible depuis des milliers d'années.